Jardin des possibles
Equipe
Lieu
Programme
Calendrier
Surface
Amaury Carlier, hepia
Quartier des Pâquis, Genève, GE
Création d’un jardin
2021
1 600 m2
Le jardin des possibles est une exploration d’enjeux philosophiques, esthétiques et pratiques du paysage à l’aune de la crise écologique. Il démontre, dans le temps, la patiente restauration de dynamiques végétales et comment elles peuvent redonner une santé fonctionnelle à des espaces urbains délaissés et stériles de toute vie. Ce jardin, à l’ère de l’Anthropocène, amène à réfléchir autrement, à poser un regard autre dans l’acte de construire d’un architecte paysagiste. Défini comme jardin en devenir, il est en opposition avec des représentations idéalistes d’un paysage parfait – grands arbres, pelouses éclatantes et fontaines.
Ce jardin raconte une autre histoire, celle d’une relation épousant les rythmes lents et les dynamiques progressives des successions écologiques : l’histoire d’un jardin qui ne se finit pas…
L’ère que nous vivons n’est plus un monde d’abondance, de forêts millénaires, mais plutôt un monde de friches, de débris, de béton, un monde où les écosystèmes sont à restaurer et à revivifier.
Cette esthétique implique une sensibilité aux dynamiques écologiques et aux processus évolutifs, à la beauté du temps long, de l’installation des plantes pionnières ou d’un sol stérile transformé en béton concassé comme une roche-mère, et lentement apparaît un humus.
Cette démarche de projet accompagne et démontre un processus de revitalisation d’un lieu perturbé pour mettre en évidence une beauté. Cette dernière, c’est celle du devenir d’un site, d’un imaginaire où il est possible de se projeter dans un jardin des possibles.
Dans ce jardin, les anciens garages sont démolis et la matière laissée en place, l’enrobé est défoncé et ouvert au ciel. Il existe alors un processus de recyclage pour construire le jardin par la transformation des gravats en concassé – la sélection par granulométrie permet d’obtenir des blocs, des graves, des graviers pour construire de petits édifices ou reconstituer un sol dans ses différents horizons (blocs pour la roche-mère et matières fines en surface).
Sur ce socle reconstitué de matières classées, calibrées et organisées, il existe désormais autant d’aspérités permettant à la faune et à la flore de s’accrocher dans les interstices : le sédum s’installe dans le bloc d’enrobé ou Achillea millefoliumcolonise l’étendue de gravier, les oiseaux s’accrochent sur des lames de bois verticales provenant de portes de garage pour y déjecter des graines.
Ce sont ces représentations qui constituent l’imaginaire des « jardins du chaos, des jardins de résistance ».
Ce jardin existe dans une période de conscience écologique forte. Dans sa philosophie et le geste porté par le créateur, il est le reflet d’une société rebelle et inventive.
C’est un jardin qui accepte de construire avec des essais et des erreurs, des dynamiques, les stades juvéniles et des devenirs.
