Jardin privé dans le midi

Equipe 
Maîtrise d’ouvrage
Lieu
Programme
Calendrier
Surface

En(-)quête paysage
Particulier
Auradé, Gers (32), Occitanie, FR
Création d’un jardin
Première phase 2021-2022 – En cours
3 000 m2

Ce projet est en cours. Une première phase des travaux a été réalisée en 2022 : modifications topographiques, plantations des talus, plantation d’une haie champêtre, aménagement du parking et des allées. Aujourd’hui, l’observation de l’évolution du jardin permet d’envisager une deuxième phase. Elle inclut l’implantation d’une annexe et le renforcement de l’arborisation de la parcelle.

Situé dans le département du Gers, le site relève d’un climat océanique altéré : hivers venteux et parfois froids, étés très chauds, secs et rudes. Le climat à venir s’apparente à celui du sud de l’Italie. Le terrain occupe la partie supérieure d’un coteau. L’air chaud y remonte et accentue l’effet de chaleur. Exposé plein sud et soumis aux vents, il bénéficie en revanche d’une ouverture remarquable sur la campagne gersoise et sur la chaîne des Pyrénées.
Issu d’une ancienne parcelle céréalière transformée en terrain à bâtir, ce site en forte pente s’est trouvé livré nu lors de la construction de la maison.

Le maître d’ouvrage souhaite améliorer l’accessibilité et l’usage du jardin, tout en valorisant la vue panoramique. Il aspire également à un jardin en résonance avec le lieu et son identité rurale.

Ce projet a soulevé plusieurs enjeux :

– Transition : comment passer d’un terrain nu, très exposé, d’une ancienne culture à un jardin privé arboré ?
– Végétalisation : quelle typologie et quelles essences choisir pour amorcer cette transition, lesquelles sont sujettes aux contraintes microclimatiques (vents violents, sécheresse de l’air et du sol) ? Quelles plantations pionnières mettre en place pour créer un microclimat stable et accueillir d’autres essences à terme ?
– Conservation des vues : quelle stratégie adopter pour préserver les percées visuelles tout en préparant, par l’arborisation, aux futurs épisodes de chaleur et de canicule ?
– Ancrage local campagnard : quels végétaux et quels matériaux privilégier pour dialoguer avec le paysage gersois et s’accorder avec ses subtilités ?

Le projet reconsidère la topographie du site afin de créer deux plateaux : l’un destiné au stationnement, l’autre à un espace enherbé jouant le rôle de tremplin visuel sur la campagne environnante. Ces terrassements prolongent la maison vers le jardin et rendent ses abords praticables.
Le pourtour de la propriété est planté d’une haie champêtre avec des essences de plusieurs hauteurs, bénéfiques pour, à terme, absorber le vent sur la parcelle.

Pour l’arborisation, des espèces végétales peu exigeantes et à développement rapide sont plantées : Sophora japonica, Robinia pseudoacacia, Gleditsia triacanthos.
La palette végétale associe essences locales et méditerranéennes. Des compositions d’arbustes et de vivaces occupent les massifs, les talus et accompagnent les cheminements dans une ambiance naturelle et méditerranéenne.
Le projet invite à une occupation plus complète du jardin en proposant un programme indépendant de la maison et de sa terrasse. Une annexe accueille un local et une orangerie ou un atelier. Elle structure et intimise l’espace. En perspective, un Cercis siliquastrum multi-troncs se dresse comme pièce maîtresse.

L’évolution du projet sur la question de l’arborisation et du climat futur, explore la mise en place de dynamiques végétales naturelles, accueillant et sélectionnant de jeunes plants issus de graines transportées par le vent, les insectes ou les oiseaux au sein de l’actuelle prairie. Cette démarche favorise une évolution progressive de la prairie fauchée vers le maintien et le développement de bosquets.